Chanson douce

« Le bébé est mort ».
Voici les premiers mots d'une histoire sans fin. Du moins, c'est le sentiment que j'ai eu. Chanson douce raconte l'histoire d'une nounou incroyable avec les enfants, de sa relation avec des parents ambitieux, avec des enfants aussi beaux que capricieux.
La fin, nous la connaissons. Mais la cause, nous la découvrons tout au long du livre. Il y a des moments magnifiques, des moments affreux. Les personnages sont des caricatures de la vie citadine actuelle : des parents qui se vantent de leurs enfants sur les réseaux sociaux, d'autres qui travaillent trop et n'arrivent pas à concilier travail-couple et famille. Des voisins qui se mêlent de tout, une nounou qui s'attache bien trop aux enfants qu'elle éduque plus que les parents.
Mais c'est principalement l'histoire d'une femme qui a vécu des choses. Des belles et des affreuses. C'est l'histoire d'une femme en déconstruction. D'une femme qui pète les plombs. Les sentiments d'amour et de haine envers cette femme divaguent d'un chapitre à l'autre.
C'est l'histoire de cette femme qui cache bien son jeu. Qui montre ce qu'elle désire montrer aux gens. Qui paraît merveilleuse, incorrigible mais qui ne l'est pas plus que quelqu'un d'ordinaire, je dirais même le contraire.
Beaucoup de sentiments se sont mélangés durant ma lecture. Si j'ai aimé ? oui, non, je ne sais pas. Ce livre a fait résonner en moi trop de choses que je voudrais ignorer. Les choses de la vie que l'on préfèrerait oublier, mais qui sont bien présents. J'ai trouvé la moitié du livre très glauque et l'autre moitié parfaite, trop parfaite, dérangeante même. Je le conseille à toutes les personnes qui aiment les polars. Les effets sont prenants, je dirais même poignants.
Leïla Slimani, Chanson douce, 240 pages, 2016, 6/10
Article : Clarisse
